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Alors que la conduite en état d'ivresse est un
délit beaucoup moins répandu que le dépassement
des limitations de vitesse, elle exerce une
influence considérable sur les accidents : près
d'un tiers des accidents mortels (29,7%)
survenus en 2002 étaient dus à l'alcool, ainsi
que 10% des accidents corporels.
Pour
éviter que les fêtes de fin d'année ne se
terminent mal, Bernard Touboul, responsable des
opérations "Capitaines de soirées" dans
l'association de la Prévention routière,
rappelle que les éthylotests chimiques
(c'est-à-dire ceux pour lesquels il faut
"souffler dans le ballon") ne coûtent que de 1 à
3 euros, et peuvent cependant sauver des
vies.
Quant aux éthylotests
électroniques, leur prix élevé (plus de 1.000
euros) les rend moins accessibles au public et
les moins chers d'entre eux manquent souvent de
fiabilité.
"Il faut surtout bien faire
attention à acheter des éthylotest qui portent
la norme NF : en France, seules cinq sociétés
produisent des éthylotests dont la fiabilité est
garantie par cette certification (trois pour les
éthylotests électroniques, deux pour les
chimiques)", précise-t-il.
Ces produits
sont disponibles dans les établissements vendant
des accessoires pour automobile ou encore sur
commande, dans les pharmacies.
Dans les
officines, la demande n'est pas très forte : "je
ne vends que très peu d'éthylotests tout au long
de l'année, et malheureusement, la période des
fêtes ne fait généralement pas exception à la
règle : je n'ai enregistré aucune commande
récemment", raconte un pharmacien
parisien.
Et que ce soit à Marseille, à
Lille ou Strasbourg, les officinaux interrogés
par Reuters Santé font tous le même constat : de
trop rares demandes, seulement deux ou trois
dans l'année. "Les ventes sont purement
anecdotiques, mais au moment de fêtes de fin
d'année, on peut parfois lancer deux commandes
d'éthylotests au lieu d'une seule !", ironise un
pharmacien strasbourgeois.
Seule une
pharmacienne de Bayonne semble devoir répondre à
une demande plus importante : "au cours des
fêtes de Bayonne et des fêtes de fin d'année, on
peut vendre une petite dizaine d'éthylotests,
mais le reste du temps, personne ne vient nous
en commander", explique-t-elle.
En
revanche, Jean Chakir, gérant de la société
Alcoroute, qui vend des éthylotests et propose
des services de simulation d'alcoolémie sur
l'Internet, le minitel ou le wap, déclare que
ses commandes sont généralement multipliées par
deux ou trois pour la période des fêtes de fin
d'année.
"Mais les particuliers sont
encore loin d'avoir le réflexe de souffler dans
le ballon après un repas bien arrosé. En fait,
nos principaux clients sont les entreprises qui
achètent des éthylotests chimiques ou louent des
éthylotests électroniques pour 'encadrer' les
soirées ou les repas qu'elles organisent à
l'occasion des fêtes de fin d'année, ou encore
les discothèques qui sont engagées dans des
opérations de prévention",
explique-t-il.
Cependant la perception
des gens face à cet objet semble avoir évolué :
"alors qu'il y a dix ans, les personnes
auxquelles on proposait de faire un éthylotest
pensaient 'on me prend pour un alcoolique',
aujourd'hui la plupart considèrent que c'est une
bonne idée", note-t-il.
En cette période
de fêtes, c'est donc à chacun de se montrer
responsable, en respectant quelques règles
simples : choisir en début de soirée un
conducteur désigné qui ne consommera pas
d'alcool, mesurer systématiquement le taux
d'alcoolémie d'un conducteur qui a un peu bu, ne
pas prendre le volant si on ne connaît pas son
taux d'alcoolémie ou s'il dépasse 0,5 g/l et
empêcher les conducteurs qui se trouvent dans
cette situation de prendre le
volant.
D'après la Sécurité routière, si
tous les conducteurs avaient respecté la limite
légale d'alcoolémie (0,5 g/l dans le sang ou
0,25 g/l dans l'air expiré) au cours de l'année
2002, plus d'un quart des décès sur les routes
(26,5%) auraient pu être évités./mr |