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Après le réveillon, ne prenez pas le volant sans avoir vérifié votre taux d'alcoolémie


Le 31 Decembre 2003 - (Reuters Santé) : La campagne d'affichage de la Sécurité routière pour sensibiliser les Français aux risques liés à l'alcool au volant pendant la période des fêtes de fin d'année se termine mardi, mais les ventes d'éthylotests ne se sont pas pour autant multipliées dans les pharmacies.
 
Alors que la conduite en état d'ivresse est un délit beaucoup moins répandu que le dépassement des limitations de vitesse, elle exerce une influence considérable sur les accidents : près d'un tiers des accidents mortels (29,7%) survenus en 2002 étaient dus à l'alcool, ainsi que 10% des accidents corporels.

Pour éviter que les fêtes de fin d'année ne se terminent mal, Bernard Touboul, responsable des opérations "Capitaines de soirées" dans l'association de la Prévention routière, rappelle que les éthylotests chimiques (c'est-à-dire ceux pour lesquels il faut "souffler dans le ballon") ne coûtent que de 1 à 3 euros, et peuvent cependant sauver des vies.

Quant aux éthylotests électroniques, leur prix élevé (plus de 1.000 euros) les rend moins accessibles au public et les moins chers d'entre eux manquent souvent de fiabilité.

"Il faut surtout bien faire attention à acheter des éthylotest qui portent la norme NF : en France, seules cinq sociétés produisent des éthylotests dont la fiabilité est garantie par cette certification (trois pour les éthylotests électroniques, deux pour les chimiques)", précise-t-il.

Ces produits sont disponibles dans les établissements vendant des accessoires pour automobile ou encore sur commande, dans les pharmacies.

Dans les officines, la demande n'est pas très forte : "je ne vends que très peu d'éthylotests tout au long de l'année, et malheureusement, la période des fêtes ne fait généralement pas exception à la règle : je n'ai enregistré aucune commande récemment", raconte un pharmacien parisien.

Et que ce soit à Marseille, à Lille ou Strasbourg, les officinaux interrogés par Reuters Santé font tous le même constat : de trop rares demandes, seulement deux ou trois dans l'année. "Les ventes sont purement anecdotiques, mais au moment de fêtes de fin d'année, on peut parfois lancer deux commandes d'éthylotests au lieu d'une seule !", ironise un pharmacien strasbourgeois.

Seule une pharmacienne de Bayonne semble devoir répondre à une demande plus importante : "au cours des fêtes de Bayonne et des fêtes de fin d'année, on peut vendre une petite dizaine d'éthylotests, mais le reste du temps, personne ne vient nous en commander", explique-t-elle.

En revanche, Jean Chakir, gérant de la société Alcoroute, qui vend des éthylotests et propose des services de simulation d'alcoolémie sur l'Internet, le minitel ou le wap, déclare que ses commandes sont généralement multipliées par deux ou trois pour la période des fêtes de fin d'année.

"Mais les particuliers sont encore loin d'avoir le réflexe de souffler dans le ballon après un repas bien arrosé. En fait, nos principaux clients sont les entreprises qui achètent des éthylotests chimiques ou louent des éthylotests électroniques pour 'encadrer' les soirées ou les repas qu'elles organisent à l'occasion des fêtes de fin d'année, ou encore les discothèques qui sont engagées dans des opérations de prévention", explique-t-il.

Cependant la perception des gens face à cet objet semble avoir évolué : "alors qu'il y a dix ans, les personnes auxquelles on proposait de faire un éthylotest pensaient 'on me prend pour un alcoolique', aujourd'hui la plupart considèrent que c'est une bonne idée", note-t-il.

En cette période de fêtes, c'est donc à chacun de se montrer responsable, en respectant quelques règles simples : choisir en début de soirée un conducteur désigné qui ne consommera pas d'alcool, mesurer systématiquement le taux d'alcoolémie d'un conducteur qui a un peu bu, ne pas prendre le volant si on ne connaît pas son taux d'alcoolémie ou s'il dépasse 0,5 g/l et empêcher les conducteurs qui se trouvent dans cette situation de prendre le volant.

D'après la Sécurité routière, si tous les conducteurs avaient respecté la limite légale d'alcoolémie (0,5 g/l dans le sang ou 0,25 g/l dans l'air expiré) au cours de l'année 2002, plus d'un quart des décès sur les routes (26,5%) auraient pu être évités./mr
 
 
 
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